Histoire
Pierre Desgranges
Pierre Desgranges, né le 13 janvier 1898 à Lyon (Rhône) et mort le 1er avril 1976 à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes)1, est un homme politique français. Engagé volontaire, à 18 ans, en 1916, il termine la première guerre mondiale avec le grade de sous-lieutenant.
Rendu à la vie civile, il travaille comme ouvrier métallurgiste à Saint-Etienne, et connaît une rapide promotion sociale : ingénieur de fabrication en 1922, il devient ensuite directeur technique. Mobilisé, comme capitaine d'artillerie, en 1939, il participe ensuite à la résistance, au sein de l'Armée secrète. Arrêté par la Gestapo en février 1943, il est torturé, puis déporté à Fossenbourg, puis Eisenberg.
Libéré en mai 1945, il est déclaré peu de temps après invalide à 40 %. Son action pendant la deuxième guerre mondiale lui vaut la médaille de la résistance. Créant sa propre entreprise, à Andrézieux, en 1946, il adhère au Rassemblement du Peuple Français dès sa création, en 1947, et, cette même année, est élu maire de sa commune. Aux législatives de 1951, il figure en deuxième position sur la liste gaulliste menée dans la Loire par Jean Nocher, et est élu député.
A l'assemblée, il s'intéresse principalement aux problèmes industriels et commerciaux, et notamment à la crise de la filière textile, ainsi qu'à la situation des anciens combattants et résistants. Il propose notamment la création d'un pécule mensuel pour les anciens prisonniers de la première guerre mondiale, ainsi que l'octroi d'une retraite sans condition d'âge, aux anciens combattants volontaires des deux guerres.
Ayant rejoint les Républicains sociaux après la mise en sommeil du RPF, c'est sous cette étiquette qu'il se présente en tête de liste aux législatives de 1956, mais en vain.
Après cette date, il semble s'être éloigné de la politique.
François Mauriac
François Mauriac naît en octobre 1885 à Bordeaux, dans une famille bourgeoise. Son père meurt peu après sa naissance. Il est élevé par une mère très catholique, dévouée à ses quatre enfants et à ses propriétés. François grandit donc entre Bordeaux et les domaines de la famille, notamment dans les landes de Saint-Symphorien en Gironde. Cet univers singulier, très à l’écart, fixera son imaginaire de romancier. François est un enfant poète, exalté et prompt aux larmes, qui aime passionnément la lecture et le vent dans les pins. Sa famille l’étouffe, mais il lui demeure profondément attaché. L’adolescent ne rêve pas de fugues ou de tropiques : il cherche à percer le secret des êtres.
Paris : le succès dans les "années folles"
Après une licence de lettres à l’université de Bordeaux, François Mauriac part pour Paris. Il est reçu à l’École des Chartes, mais n’y entre pas. Que fait-il ? Il lit, énormément, tâche de se lier au milieu littéraire de la capitale. Il tombe amoureux, aussi. Attiré par les hommes, il restera très secret sur ce penchant tout au long de sa vie. Mauriac a 24 ans lorsqu’il fait publier un recueil de poèmes, Les Mains jointes (1909), qui lui vaut une certaine notoriété littéraire. Mais il lui faudra attendre treize ans et Le Baiser au Lépreux (1922) pour connaître un vrai succès, suivi de beaucoup d’autres : Le Désert de l’amour, Thérèse Desqueyroux, Le Nœud de vipères. Cette suite de réussites le conduit à l’académie française en 1933.
Après-guerre : l'intellectuel engagé
Même s’il écrivait déjà dans les journaux, c’est après la seconde guerre mondiale que l’aura de François Mauriac grandit dans l’opinion. Auréolé de son statut de résistant et d’académicien, Mauriac devient l’une des voix majeures du journalisme politique, tandis que son activité romanesque faiblit un peu. Le prix Nobel vient le récompenser en 1952, soulignant « l’intensité artistique avec laquelle son œuvre a pénétré le drame de la vie humaine ». Cette consécration universelle élargit son auditoire, sans endormir sa conscience de chrétien tourmenté. Jusqu’au bout très vivant, libre, souple et vif comme un chat, Mauriac continuera de griffer ce milieu bourgeois qu’il ne quittera jamais. Il écrit son dernier roman à 84 ans et meurt l’année suivante, en 1970.